Mercredi 27 juillet 2005 3 27 /07 /2005 11:24

Une jeune femme qui avance, seule, un soir. Une nuit. Comme les autres ?


Une lueur pâle tremblote à l’horizon.

 La jeune femme l’observe quelques secondes, et baisse la tête en la secouant légèrement d’un côté à l’autre.

 Elle a perdu une fois encore toute joie.

 Elle a perdu une fois encore toute envie de sourire.

 La lueur. Elle vient de la fuir. Elle vient de fuir l’horreur, les cris, les hurlements, les pleurs. La peur. La mort aussi.

 Elle s’assoit.

 La tête entre les mains, les coudes sur les genoux, elle tente de se souvenir…

 Cette journée avait si bien commencé…

 Elle avait rendez-vous avec sa meilleure amie. Comme tous les samedis.

 Elles sont sorties ensemble, cinéma, shopping.

 Elles discutaient, assises sur un banc, quand le soleil s’est assombri.

 Quand le calme a été remplacé par un bruit assourdissant.

 Quand le ciel si bleu a viré au rouge, au gris, au noir.

 Quand l’air parfumé d’un début d’été c’est chargé d’odeurs nauséabondes.

 Son amie s’est redressée, et a couru vers la source de tant de troubles, quand une seconde déflagration a retenti.

 Et sous ses yeux, la jeune femme a vu son amie voler en éclat. Là où l’amie se tenait, il n’y désormais avait plus qu’une chaussure calcinée.

 Et elle avait couru au loin, s’éloignant. Toujours plus haut, toujours plus loin. Fuyant l’horreur. La peur. Les pleurs.

 Assise sur son rocher, en cette triste nuit, elle ne peut assécher les flots coulant de ses yeux. Elle ne peut se contrôler.

 Elle glisse à terre, gémissant.

 Victime indirectement de l’horreur humaine…

 


 

Les journaux, le lendemain.

 Deux explosions ont ravagé le parc du centre ville.

 Des centaines de victimes, blessées ou mortes. Des disparus.

 Sur la colline, roulée en boule, la jeune femme a froid.

 Il fait jour, une nouvelle aube s’est levée. Celle-ci portait une robe rouge, et avait l’âcre odeur du sang, mais elle s’était levée, bientôt rejointe par le jour, paré des mêmes apparats.

 Une nouvelle vie commence.

Sans elle, qui n’a plus froid.

Sans elle, qui ne pleure désormais plus.

Sans elle, qui n’avait pas vu l’éclat de verre fiché dans son dos.

 Sans elle, qui n’a pas senti la vie s’écouler de son corps durant la nuit….

Par Paradise - Publié dans : Rien que des maux, euh, des mots.
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

- Plop -

Bienvenue à tous sur In a Reverie, mon blog perso.
Vous trouverez ici un peu de tout...  Des niouzes de mes sites que j'ai souvent la flemme de mettre à jour, la rubrique projets du collectif que j'ai préféré enlever de là-bas, des extraits de textes (voire des textes entiers), des recettes de cuisine, ....
Farfouillez, et n'hésitez pas à laisser un message ;)

Calendrier

Janvier 2010
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30 31
             
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus